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Mois : septembre 2018

[Test] Onmyoji Arena

[Test] Onmyoji Arena

On peut le dire sans se tromper: 2018 est l’année du battle royal.
Depuis le succès phénoménal de Fortnite, dont l’influence ne cesse de s’étendre, les clones fleurissent un peu partout et tous les genre s’y mêlent et essayent de se faire une place dans ce genre pas si récent mais qui a su s’imposer en moins d’un an.
D’abord sur PC bien entendu, mais aussi sur mobile, où un autre type de jeu qui a lui aussi connu un essor impressionnant semble connaitre un second age d’or: le MOBA.
Cette intro vous semble hors sujet? Vous avez probablement raison, mais à l’heure où le paysage vidéo-ludique semble être passé à autre chose, j’ai l’impression d’être à nouveau en 2012.

D’ailleurs, jouer à un MOBA sur téléphone n’a pas toujours été une bonne idée: problème de réseau, maniabilité hasardeuse et « leavers » intempestifs ont longtemps rendu l’expérience difficile et plutôt réservée à une poignée de curieux·ses très vite lassé·e·s par ces difficultés.

C’est dans ce contexte qu’en octobre 2016 sort Arena of Valor, fruit de la collaboration entre Riot et Tencent dont le but avoué est de conquérir un marché mobile jusque là plutôt calme.
Les mois passent et AoV devient le MOBA le plus connu et probablement le plus joué sur mobile, bénéficiant de l’expertise en la matière de Riot et de Tencent et possédant même une scène e-sport, et vous vous demandez sûrement pourquoi je vous parle de tout ça parce que le titre du test c’est pas du tout Arena of Valor.

J’y viens.

La licence Onmyoji commence avec le jeu du même nom sorti mondialement début 2018 édité par NetEase, il s’agit d’un gacha game assez classique dont le but est de collectionner et améliorer ses unités, ici appelés Shikigami. Le jeu s’inspire du folklore et des contes japonais et bénéficie d’une direction artistique parfois un peu brouillonne mais qui a su se différencier des autres jeux du genre.

C’est en juillet 2018 que sort Onmyoji Arena, deuxième jeu de la série reprenant donc les personnages et la direction artistique de la licence de NetEase, et bien évidemment, vous l’aurez compris, il s’agit d’un MOBA.
Mais quel MOBA.

 

Toutes mes excuses pour cette intro à rallonge mais il était nécessaire de poser le décor et d’avoir un référentiel, pour parler du jeu qui nous intéresse aujourd’hui.

Si vous ne savez pas ce qu’est un MOBA (Multiplayer Online Battle Arena) il s’agit d’un type de jeu dans lequel deux équipes, souvent de 5 joueur·euse·s s’affrontent sur une carte, souvent la même et doivent aller détruire la base adverse, pour faire court.
C’est un genre très codifié et la base du genre ne change que très rarement entre les jeux.
Sur mobile c’est encore pire: certains aspects sont simplifiés et le gameplay est très souvent identique.
Arena of Valor a d’ailleurs posé les base du genre sur mobile en ce qui concerne la prise en main et les déplacements, ces bases sont très largement reprises par Onmyoji Arena et les deux jeux se ressemblent beaucoup sur de nombreux aspects: ergonomie, système de guilde, options de customisation et loadouts à personnaliser pour chaque héro, etc…

En jeu, le déroulement est assez classique mais adapté au mobile, chaque partie dure en moyenne 12-15 minutes, les affrontements sont plus rapides et les cooldowns sont moins longs. Les parties étant très denses, on ne s’ennuie pas, là où l’on pouvait tourner en rond lors des parties à rallonge sur League of Legend.
L’équipement, lui, s’achète à n’importe quel moment de la partie, ce qui permet d’améliorer son personnage sans repasser par la base, limitant les allez-retours et permettant de rester plus longtemps au cœur de l’action.
Les héros quand à eux sont pour beaucoup assez classique dans leur maniement mais restent agréables à jouer grâce à leur diversité, il est en effet rare de voir deux personnages se jouer de la même façon.

 

Tout ceci démontre une bonne exécution du concept de base mais NetEase a également eu l’idée d’apporter de subtils changement à la formule qui, une fois en jeu, font toute la différence entre les deux titres.
Là où AoV simplifie énormément le genre, Onmyoji décide de ne pas faire de concession et de garder certains aspects des MOBA intacts, comme la possibilité d’équiper deux sorts d’invocateurs en combat.

Onmyoji saupoudre le tout de ses propres idées comme le Kraken qui laisse un drapeau une fois vaincu permettant de l’invoquer pour détruire plus facilement les bâtiments ennemis. Les innovations ne s’arrêtent pas là puisque le jeu décide de faire sans le système de runes démocratisé par League of Legend. Egalement présent dans Arena of Valor, il permettait de renforcer certaines capacités des personnages entre les parties mais il entraînait également un grind assez long, chaque rune doit en effet être achetée avec de l’argent gagné au fil des parties.


Onmyoji instaure un nouveau système nommé « Onmyodo », permettant de créer différents profils à la manière des pages de runes.
Sauf qu’ici, tous les bonus sont débloqués en quelques parties, permettant à chacun de créer ses combinaisons très rapidement et de ne pas devoir grind pour pouvoir jouer avec ses personnages préférés.

Ce système, à l’image du reste du jeu, est là pour simplifier la vie des joueur·euse·s. Ici pas d’interface austère et toutes les options présentées permettent de personnaliser l’expérience au maximum.
Comme je le mentionnait plus haut, Onmyoji ne fait pas l’impasse sur de nombreuses mécaniques qui aurait pu être retirées sur mobile, mais comme pour le reste, on ne se retrouve jamais submergé. Tout n’est pas forcément clair dès les premières parties mais il suffit d’un peu persévérer pour très vite en saisir l’essence. NetEase réussi ici le parie de créer un MOBA quasiment sans concession tout en restant accessible.

 

Héritant des personnages et visuels du premier Onmyoji, Arena bénéficie d’un chara design plutôt réussi mais ressemble encore trop aux autres jeux du genre. En jeu, la carte est quasiment identique à celle d’Arena of Valor par exemple là où il aurait été intéressant de le voir prendre plus de risque.

A noter également que la partie Shop du jeu est assez déroutante, à l’inverse du reste du jeu. Comme pour le premier Onmyoji, il existe de nombreuses monnaies qui permettent d’acheter des items, également très nombreux, aux effets divers.
Rien qui ne mette en danger la gratuité du titre puisque tout est cosmétique, mais découvrir tout ce qu’il est possible d’acheter avec la monnaie du jeu peu paraître un peu décourageant. Sur ce point, Onmyoji est malgré tout plutôt généreux puisque de nombreux skins sont disponibles même sans payer un centime, le jeu offrant régulièrement des skin token permettant leur achat, chose assez rare pour être soulignée.

Enfin, vous l’aurez peut être constaté en regardant les screenshots tout au long de ce test, les héros ont bénéficié d’un soin tout particulier, les modèles, leurs animations et les skins du jeu sont tous extrêmement réussis.
Visuellement, Onmyoji enterre complètement la concurrence sur mobile et fait jeu égal avec ce qui se fait sur d’autres plateformes plus puissantes, les personnages sont impressionnants, vivants et cette attention au détails joue en faveur d’un chara-design qui ne tombe jamais dans la facilité et offre également une belle amélioration avec le jeu précédent. Les effets visuels ne sont pas en reste et les différents sorts sont aussi une réussite tout en restant parfaitement lisible en pleine action.
Tout cela est régulièrement mis en valeur, les héros sont souvent mis en avant dans les menus et le MVP d’une partie apparaîtra à la fin de celle-ci à la manière d’un Overwatch.

Ici un modèle 3D du premier Onmyoji

Onmyoji Arena reste un MOBA, il faut donc aimer le genre pour apprécier, mais si vous cherchiez une alternative sur mobile, alors foncez. Tout ce que fait la concurrence, Onmyoji le fait mieux et plus encore. Visuellement bluffant et bien au dessus que tout ce qui se fait sur mobile mais aussi facile à prendre en main et bénéficiant d’un suivi et d’événements constants.
Rival que l’on attendait pas d’Arena of Valor, Onmyoji a l’insolence de le supplanter sur tous les aspects possibles et imaginables et possède une âme et une vraie direction artistiques, deux choses que l’on ne voit pas tous les jours sur ce type de jeu.